Disparu des terrains en 1986, le MUC rugby fait son grand retour à Montpellier. Derrière cette renaissance, une bande d’étudiants passionnés qui a repris le flambeau du club historique, là même où tout a commencé : au stade Sabathé.
Un club légendaire qui sort du placard
Pour les plus jeunes, le sigle MUC ne dit peut-être pas grand-chose. Pourtant, le Montpellier Université Club a écrit une page majeure de l’histoire de l’ovalie montpelliéraine. Sa section rugby a vu le jour en 1972, avec comme premier président Jean-Claude Borie. En 1986, sous l’impulsion de Georges Frêche, le MUC a été fusionné avec l’autre club de la ville, le Stade Montpelliérain. De ce mariage est né le Montpellier Hérault Rugby, le MHR que tout le monde connaît aujourd’hui en Top 14. Autrement dit, le MUC est carrément l’un des ancêtres du club phare de la ville.
Le fils du fondateur, Stéphane Borie, le résume d’une formule : « Montpellier, en rugby, est parti du MUC ». Et le papa, aujourd’hui âgé de 88 ans, est toujours abonné au MHR. Fidèle un jour, fidèle toujours.
L’idée géniale : jouer ensemble plutôt que galérer chacun de son côté
Quarante ans plus tard, le nom revient sur le devant de la scène grâce aux étudiants. Le déclic est venu de Clara Lepercq, joueuse et aujourd’hui coprésidente. Son constat était simple : plutôt que de se démener pour monter une équipe complète dans chaque école ou fac, pourquoi ne pas réunir les étudiants dans une même association pour disputer les tournois ensemble ?
De son côté, le coordinateur sportif Julien Cacciapaglia rêvait justement de relancer la section. Il a pris son bâton de pèlerin et contacté les présidents des associations sportives de l’enseignement supérieur montpelliérain. Quelques-uns ont dit oui, et l’aventure était lancée. Dimanche dernier, le stade Sabathé a accueilli des matchs féminins et masculins sous les couleurs du MUC. Un vrai retour aux sources.
Des partenariats malins avec les clubs du coin
Pour exister en compétition, le MUC nouvelle génération a misé sur l’entraide. Les garçons se sont associés à La Grande Motte, qui évolue en Régionale 3, tandis que les filles font équipe avec Mauguio, en Fédérale 2. Une formule gagnant-gagnant, comme l’explique Clara Lepercq : les étudiants ont les effectifs mais pas la structure, alors que des clubs installés comme Mauguio ont la structure sans forcément avoir assez de joueurs. L’objectif n’est pas de créer un club de plus, mais de faire grandir le rugby dans tout le bassin montpelliérain.
Et côté effectifs, ça suit : l’équipe masculine compte 35 joueurs actifs, et environ 60 au total en incluant les débutants. Les garçons sont emmenés par leur capitaine Mael Loubeau, les filles par Lysiane Fabre Pages, qui décrit le groupe comme « un cocon ». Difficile de trouver plus belle définition d’un vestiaire.
Des coachs qui ont le rugby dans le sang
Sur le banc, la transmission est au rendez-vous. Stéphane Borie entraîne les garçons, perpétuant l’héritage familial. Enfant, à 8 ans, il a vécu la montée du MUC en seconde division à Pézenas, devant 6 000 spectateurs. Un souvenir qui ne s’efface pas. Plus tard, en seniors, il a lui-même foulé la pelouse de Sabathé, affrontant en 1989 Lourdes et Aubin Hueber, puis Colomiers et un certain Fabien Galthié. Rien que ça. Côté féminin, c’est Agathe Ducret, joueuse du MHR, qui dirige les entraînements. De quoi garantir un vrai niveau d’exigence.
Sabathé, un stade chargé d’histoire
Le choix du stade Sabathé n’a rien d’un hasard. Ouvert en 1930, il a été pendant des années le jardin du rugby montpelliérain : le MHR y a disputé ses matchs à domicile jusqu’en 2007, avant de déménager dans son stade actuel, aujourd’hui baptisé GGL Stadium. Stéphane Borie se souvient d’une époque où il n’y avait pas de tribune, juste une butte pour les supporters. Depuis, l’enceinte s’est modernisée, avec notamment une nouvelle surface synthétique installée en 2023. Elle accueille aujourd’hui le rugby à XV comme le rugby à XIII, et désormais les filles du MUC.
Pour l’instant, la jeune équipe ne collectionne pas encore les trophées, mais l’état d’esprit est là. « On s’améliore de match en match », assure Louis Pecheur, joueur et coprésident, qui vise la saison prochaine pour commencer à se faire remarquer dans la région. Une belle histoire de transmission, de solidarité et de passion, qui prouve qu’à Montpellier, le rugby n’a jamais vraiment quitté ses racines étudiantes.
Infos pratiques
- Club : MUC rugby (Montpellier Université Club), section relancée par des étudiants montpelliérains
- Lieu : stade Sabathé, Montpellier
- Équipes : masculine (en association avec La Grande Motte, Régionale 3) et féminine (en association avec Mauguio, Fédérale 2)
- Pour qui : étudiants de l’enseignement supérieur montpelliérain, débutants compris