Montpellier au top des célibataires

Montpellier au top des célibataires 1
Un couple avec enfants: si vous pensez que c'est le modèle de base du foyer montpelliérain, vous avez tout faux ! Selon l'INSEE, si vous sonnez, au hasard, à la porte d'un logement de Montpellier vous trouverez  une fois sur deux un homme ou une femme vivant seul(e).

Deux fois sur trois, un foyer dans lequel personne ne vit en couple, qu’il s’agisse d’une personne seule, d’une colocation, ou d’une famille monoparentale.

Et une fois sur trois seulement, un couple. Et un couple avec un ou plusieurs enfants ?

Une rareté : moins d’un foyer sur six!


Ville étudiante

Si Montpellier compte autant de célibataires et de gens seuls, c’est d’abord grâce à ses universités. « A Montpellier, les étudiants représentent 18 % de la population des 15 ans et plus », explique Caroline Jamet, directrice régionale de l’Insee. Un habitant sur cinq est étudiant : cette caractéristique fait de Montpellier la ville jumelle… de Lille. La métropole des Flandres devance celle de l’Hérault avec 21% d’étudiants dans sa population.

Mais les deux villes sont à égalité sur le podium pour la proportion de personnes de 15 ans et plus déclarant ne pas vivre en couple : 57 %, soit le record de dix premières grandes villes de France. Car ville universitaire rime avec armée de célibataires : à Montpellier, 23 % des personnes qui ne vivent pas en couple se recrutent dans les 20-24 ans. Et un solo sur deux a moins de 30 ans !

À l’autre bout de la pyramide des âges, les seniors de 80 ans sont numériquement bien moins nombreux que les plus jeunes, mais proportionnellement beaucoup plus seuls, le plus souvent après la disparition du conjoint. Les solos montpelliérains sont d’abord des femmes : 77000, pour 57 000 hommes.

Les couples dans les villages

Les couples, avec ou sans enfants, préfèrent clairement vivre en périphérie de Montpellier. Castelnau compte seulement 43 % de solos, Lattes 39 %, Lavérune 37 %.

Quand le couple se forme et que la famille s’agrandit, cap sur la périphérie.

« Les logements sont un peu moins chers et un peu plus disponibles chez nous », estime le maire de Lavérune, Roger Caizergues. « Quand nous avons eu notre fils, à la trentaine, nous avons quitté Montpellier pour vivre dans une plus grande maison à Baillargues », témoigne Aurélie, 42 ans, DRH dans une entreprise numérique de Montpellier. Une fois plus à l’aise financièrement, sa famille est revenue vivre dans une maison plus chère, à Montpellier. Comme la ville, la métropole attire les solos et repousse les couples. « Les couples avec enfants sont près de deux fois plus nombreux à quitter la métropole pour s’installer en périphérie que l’inverse », note l’Insee.

Même tendance pour les couples sans enfants, plus nombreux à partir qu’à venir s’installer. «À l’inverse, la métropole gagne des ménages d’une personne, en grande partie du fait des étudiants. »

Logements: priorité aux trois pièces

Comment loger tous ces solos ? Un foyer montpelliérain sur deux ne compte qu’une personne, mais dans le parc immobilier existant, c’est le trois pièces qui domine: 26% des résidences principales, contre 19 % pour les studios et 23 % pour les deux pièces.

Le Crous, qui loge une petite partie de la population étudiante, la moins fortunée, propose en très grande majorité des T1 ou des T2. Les autres logements d’une ou deux pièces sont pris d’assaut par les étudiants et les salariés solos. « Quand j’ai voulu trouver un studio, non seulement le loyer était cher, mais en plus on était dix à le visiter », soupire Camille, salariée célibataire. Dans leurs programmes de construction de logements neufs, les promoteurs immobiliers proposent en majorité des T2, « car ils sont plus faciles à louer, et intéressent davantage les investisseurs », explique l’un d’eux. « Mais sur les ZAC, qui dépendent de la Serm, la société d’économie mixte de la ville, celle-ci demande une majorité de grandes surfaces, à partir du T3. » Même priorité pour le bailleur
social Hérault Habitat, qui construit des logements sociaux.

« Nous réalisons de plus en plus de F3, explique son directeur de la communication, Vivian Rodriguez. Car nous devons répondre aux besoins, toujours plus grand, des familles monoparentales. » Un foyer sur dix, à l’échelle de la ville comme de la métropole, est un parent seul avec enfant(s). Avec ou sans enfants, les solos sont les plus touchés par la précarité. « Les familles monoparentales représentent la majorité du public qui s’adresse aux services sociaux du Département », note le directeur du pôle action sociale, enfance et famille du Conseil départemental, Laurent Aufrère. Et 90 % des bénéficiaires du RSA dans l’Hérault sont des personnes seules.

Toujours plus seuls

La proportion de Montpelliérains célibataires n’a cessé d’augmenter ces dernières années. Et ça ne devrait pas s’arrêter, selon l’Insee ! Dans ses projections pour 2040, l’Institut prévoit des Montpelliérains toujours plus nombreux, et toujours plus solos. Les couples avec ou sans enfants représentaient encore 42 % des ménages de la Métropole en 2013, pour 43 % de personnes vivant seules. Mais, en 2040, les couples ne seraient plus que 38 %, pour 46 % de personnes seules. Quant aux personnes âgées de 80 ans et plus vivant seules, leur nombre devrait doubler, et passer de 8000 à 16 000 « .

Les projections ne doivent pas être assimilées à des prévisions », tempère l’Insee.

 


Un sujet original par Henri Frasque