Un festival qui refuse de choisir une seule salle
Onze ans, onze salles, onze jours (bon, onze jours très précisément cette année) : le festival Dernier Cri n’a jamais fait dans la demi-mesure. Installé depuis plus d’une décennie dans le paysage électro montpelliérain, où il s’est taillé une réputation de rendez-vous exigeant à la programmation volontiers internationale, le festival a pris l’habitude de coloniser toute la ville plutôt que de se cantonner à un seul lieu. Cette année, pas d’exception : du Rockstore au Jam, en passant par Pétrarque, L’Antirouille, la Halle Tropisme, le Dièze Warehouse, le MO.CO, le Salon des Indépendants, un café resté mystérieux et même le très attendu Tempelhof, onze adresses vont faire danser, réfléchir et claquer des doigts les Montpelliérain·es du 30 octobre au 11 novembre.
Ce format éclaté est la marque de fabrique de Dernier Cri : le festival aime jouer avec la géographie de la ville, du nord au sud, pour que chaque salle apporte sa propre ambiance au programme. Résultat, personne ne vit tout à fait le même festival : certain·es iront chercher les basses dans un warehouse, d’autres préféreront la touche plus jazzy d’un club intimiste, et les plus curieux pousseront la porte d’une expo ou d’une salle de cinéma entre deux soirées.
Les nuits à cocher sur le calendrier
S’il fallait ne retenir que quatre rendez-vous, ce seraient ceux-là. Le festival s’ouvre en douceur dès le vendredi 30 octobre à 20h30 au Jam, avec un double plateau qui marie jazz et électronique dans le cadre du rendez-vous Beyond Jazz x Dernier Cri, histoire de prouver d’entrée que le festival ne se limite pas à la grosse caisse en quatre temps.
La bascule se fait dès le lendemain : samedi 31 octobre, de minuit à 5h du matin, le Rockstore, cette salle mythique classée monument historique qui a vu défiler aussi bien Metallica que Motörhead, accueille Kendal et Lolita pour une nuit d’Halloween qui s’annonce électrique.
Direction la deuxième semaine ensuite, avec un vendredi 6 novembre à suivre sur deux fronts à la fois : à L’Antirouille, dès minuit, Emi Ômar et Luca Ruiz, cofondateur du festival et donc un peu maître de maison pour l’occasion, prennent les platines, tandis qu’au Faune du MO.CO, Pascal Peck anime sa propre soirée. Le lendemain, samedi 7 novembre, cap sur le Tempelhof pour une nuit Gigi FM et Gotis, de minuit à 5h.
Pas que de la musique : flyers, cinéma et vrai débat de société
Dernier Cri, c’est aussi, et c’est précisément ce qui en fait un festival à part, un volet arts et réflexion qui vient compléter les nuits. Une exposition réunira le travail de Dizonord et Lee GRTZ autour d’une rétrospective de flyers de soirées électroniques françaises qui ont marqué plusieurs générations de clubbers. De quoi redécouvrir, affiche après affiche, à quel point ce petit bout de papier glissé dans toutes les poches a longtemps été le seul teaser disponible avant une rave.
Le festival proposera aussi la projection du film Heretik System, signé Damien Raclot-Dauliac, et, plus engagé encore, une table ronde consacrée à la loi « Riposte » et à la répression des free parties. Un sujet brûlant : ce texte, actuellement débattu entre Sénat et Assemblée nationale, prévoit notamment d’abaisser le seuil de déclaration obligatoire des grands rassemblements et de durcir les sanctions contre les organisateurs comme les participants de free parties, ce qui a provoqué une large mobilisation de la scène électronique ces derniers mois. À Montpellier, la discussion réunira Sophie Mazas, Hussein Bourgi et Christophe Samé, sous l’animation de Yanick Philipponnat. Date et lieu précis restent à confirmer, mais le sujet mérite clairement qu’on garde un œil sur les prochaines annonces du festival.
Un line-up qui mélange les générations de la scène électro
Entre les deux grandes nuits déjà annoncées, le festival a aussi glissé dans son line-up Goldie B, le duo Kaval b2b Farkoner et le collectif Drama, confirmant l’envie de Dernier Cri de faire cohabiter artistes installés et nouvelles pousses de la scène électronique locale et nationale. Avec un cofondateur, Luca Ruiz, qui met lui-même la main à la pâte derrière les platines, le festival garde ce supplément d’âme propre aux événements pensés par et pour les gens qui vivent la scène électro au quotidien.
Bref : onze jours, onze salles, et visiblement de quoi occuper toutes ses soirées de la Toussaint jusqu’au 11 novembre sans jamais remettre les pieds deux fois dans le même lieu.
Infos pratiques
- Dates : du vendredi 30 octobre au mercredi 11 novembre 2026
- Lieux : Rockstore, Diagonal, Pétrarque, L’Antirouille, Halle Tropisme, Le Jam, Dièze Warehouse, MO.CO, Salon des Indépendants, un café, Tempelhof
- Vendredi 30 octobre, 20h30, Le Jam : Beyond Jazz x Dernier Cri — 9€ (YOOT), 15€ (prévente), 20€ (sur place)
- Samedi 31 octobre, 00h-05h, Rockstore : Kendal, Lolita — 5€ (YOOT), 7€ (prévente)
- Vendredi 6 novembre, minuit, L’Antirouille : Emi Ômar, Luca Ruiz — 5€ en prévente “Early Access”, entrée avant 1h
- Vendredi 6 novembre, Faune MO.CO : Pascal Peck
- Samedi 7 novembre, 00h-05h, Tempelhof : Gigi FM, Gotis — 5€ (YOOT), 10 à 12€ (prévente)
- Billetterie et programme complet : festivalderniercri.com