Battre des ailes : à Montpellier, un court-métrage explore la face cachée du weight-cutting en MMA

Jusqu’où peut-on pousser son corps pour monter sur un ring ? Tourné à Montpellier, le court-métrage Battre des ailes s’intéresse au weight-cutting, cette pratique utilisée dans les sports de combat pour atteindre une catégorie de poids avant la pesée. Derrière le projet, Deynis Sain et Léopold Bertheau, qui se retrouvent après une première collaboration sur Philly Shell.

Quelques heures avant un combat, Théo n’a pourtant encore rien gagné.

Avant l’adversaire, avant le public et avant même le ring, une autre épreuve l’attend : la pesée.

C’est dans ces heures de tension que nous plonge Battre des ailes, un court-métrage actuellement en préparation à Montpellier et co-réalisé par Deynis Sain et Léopold Bertheau.

Le sujet : le weight-cutting, une pratique bien connue des sports de combat mais beaucoup moins du grand public.

Avant le combat, un autre combat

Dans le MMA comme dans la boxe ou d’autres disciplines organisées par catégories de poids, certains athlètes cherchent à faire descendre rapidement leur poids avant la pesée officielle, puis à récupérer une partie de celui-ci avant le combat.

Lorsque cette stratégie devient extrême, elle peut notamment passer par une restriction de l’alimentation et des liquides, une forte sudation ou une déshydratation aiguë.

L’objectif est de se présenter à la pesée dans une catégorie inférieure à son poids habituel avant de se réhydrater.

Une mécanique spectaculaire sur le papier, mais loin d’être anodine.

Les travaux consacrés aux sports de combat pointent les effets que peuvent avoir les pertes de poids rapides et la déshydratation sur l’état physique, les capacités cognitives, l’humeur ou encore les performances des athlètes. Les pratiques les plus extrêmes peuvent présenter de véritables risques pour la santé.

C’est précisément cette zone de tension que Battre des ailes veut explorer.

Non pas seulement comment perdre du poids, mais ce qui se passe dans la tête et dans le corps d’un combattant lorsque quelques chiffres affichés sur une balance deviennent une obsession.

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Théo, seul face à la balance

Le film suit Théo, un jeune combattant de MMA à quelques heures d’une pesée déterminante.

Son corps est épuisé. Le temps presse. Chaque gramme compte.

Plutôt que de construire son récit autour du combat lui-même, Battre des ailes choisit donc de regarder ce qui se déroule habituellement hors champ : l’attente, la fatigue, le doute et cette étrange négociation entre la volonté et un corps auquel on demande de continuer alors qu’il voudrait s’arrêter.

Le MMA devient alors le décor d’une histoire plus universelle : celle de la performance et de ses limites.

À quel moment la détermination cesse-t-elle d’être une force ? Jusqu’où sommes-nous capables d’aller pour atteindre un objectif ?

De 88 à 75 kilos pour préparer le rôle

La particularité du projet tient aussi à l’implication de Léopold Bertheau, à la fois co-réalisateur et interprète principal du film.

Pour incarner Théo, le comédien s’est engagé dans une transformation physique importante : passer d’environ 88 à 75 kilos en moins de deux mois.

Une préparation menée notamment à Montpellier avec le préparateur physique Mickael Cavailles.

Une transformation qui donne forcément une dimension particulière au projet : l’interprète ne se contente pas de jouer un sportif, il modifie également son propre corps pour se rapprocher physiquement du personnage qu’il doit incarner.

Et lorsqu’un film parle justement du rapport entre performance, volonté et limites physiques, cette préparation fait inévitablement écho à son sujet.

Après Philly Shell, une nouvelle histoire de MMA

Battre des ailes n’est d’ailleurs pas la première rencontre entre Deynis Sain, Léopold Bertheau et l’univers des sports de combat.

Les deux avaient déjà travaillé ensemble sur Philly Shell, un court-métrage de Deynis Sain dans lequel Léopold Bertheau tenait le rôle principal.

Présenté dans le cadre du concours court-métrage fiction d’ARTE, le film de 14 minutes suivait déjà un combattant de MMA à l’approche d’un affrontement.

Avec Battre des ailes, ils semblent cette fois déplacer la caméra.

Le combat n’est plus nécessairement celui que l’on vient applaudir autour de la cage. Il commence avant.

Dans une salle vide, face à soi-même, à son poids et à son propre corps.

Un ancien combattant de l’UFC au casting

Pour renforcer encore le lien entre fiction et MMA, le projet accueille également Tom Duquesnoy.

Bien connu des amateurs de sports de combat, le Français est passé par l’UFC, la principale organisation mondiale de MMA, où il avait notamment remporté son premier combat en 2017.

Sa présence apporte au projet une connexion supplémentaire avec la réalité du haut niveau et avec un milieu que le film cherche précisément à représenter de l’intérieur.

Un tournage 100 % montpelliérain

C’est à Montpellier et dans ses environs que prendra forme Battre des ailes.

Une partie importante du tournage est notamment prévue les samedi 5 et dimanche 6 septembre 2026 au Ring, une salle de sports de combat installée au 350 avenue du Walhalla à Montpellier. L’adresse correspond bien au club montpelliérain spécialisé notamment dans les disciplines de combat.

Un décor plutôt idéal pour brouiller encore davantage la frontière entre fiction et réalité.

Le projet rassemble aujourd’hui comédiens, techniciens, sportifs et partenaires issus aussi bien du cinéma que du monde des sports de combat.

Et il existe déjà suffisamment pour éveiller la curiosité : un premier teaser de Battre des ailes a été dévoilé sur Instagram, avant le début du tournage.

Un film sur le MMA… mais peut-être surtout sur nos limites

C’est probablement là que Battre des ailes devient intéressant au-delà des amateurs de MMA.

Parce qu’en racontant un homme qui tente coûte que coûte d’atteindre un chiffre sur une balance, Deynis Sain et Léopold Bertheau parlent finalement de quelque chose que l’on retrouve bien au-delà des sports de combat.

La recherche de performance.

Le contrôle du corps.

Le dépassement de soi.

Et cette frontière, parfois difficile à distinguer, entre se dépasser et se mettre en danger.

Un sujet que le cinéma peut justement raconter autrement que par des statistiques ou des résultats sportifs : en restant quelques heures au plus près d’un personnage, au moment où il ne peut plus tricher ni avec la balance… ni avec lui-même.

Le tournage de Battre des ailes aura lieu en septembre à Montpellier. Montpelyeah suivra avec attention la suite de ce projet montpelliérain.


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