Un Aqua Surf Park géant en projet à la Mogère

Un immense bassin où déferle toutes les dix secondes une vague de près de deux mètres : trois Montpelliérains veulent créer, dans le quartier Cambacérès, l'AquaSurf, un parc aquatique privé. 60 M€ de budget, 200 000 entrées par an, 400 emplois créés. Visite guidée.

Discrètement, mais sûrement. Trois hommes préparent en grand secret depuis six ans le projet qui va faire du bruit : Christophe Bourrier, Mohamed Seddiki et Chaib Amnih veulent implanter l’un des plus grands parcs privés de surf du monde, dans le quartier Cambacérès, à un jet de galet du château de la Mogère et du futur stade de foot. « Nous sommes dans la dernière ligne droite, lancent-ils en choeur. D’après eux, lorsque la Métropole leur donnera son accord pour qu’ils achètent les terrains, ils pourront concrètement se lancer dans l’aventure. Optimistes, ils pensent que cet accord devrait intervenir au premier trimestre de l’année prochaine. La première pierre de leur complexe pourrait alors être posée courant 2019. Ils espèrent une ouverture avant les J.O. de Paris en 2024 : le surf devenant discipline olympique, les équipes pourraient venir s’entraîner à Montpellier. Gonflés, les gars. Il faut dire que l’affaire semble bien ficelée.

 

Le projet

Un immense parc aquatique bâti sur 8 à 10 hectares, ouvert toute l’année, baptisé Aqua-Surf park ». Il comprend, attraction vedette, un bassin carré de plus de 100 m de côté où des vagues de 1,80 m à 3 m déferlent toutes les dix secondes. Ce genre d’équipement existe à Dubaï et à Tenerife. Le parc comprend aussi, sur 10 000 m2, deux bassins avec vague statique pour l’apprentissage du surf (eau projetée sur une pente), des bassins de détente, une rivière « sauvage », des toboggans, une cascade artificielle. À côté, sont prévus des commerces, un hôtel, un restaurant, des boutiques, une salle de séminaire, un studio TV et des parkings.

 

Les chiffres

Ce projet est totalement privé. Le budget est de 60 M€. D’après les trois amis, le parc aquatique est financé par un fonds d’investissement espagnol qui fera son entrée au marché obligataire, et les obligations émises seront vendues aux investisseurs intéressés. Le point d’équilibre se trouve à 200 000 entrées par an. Énorme, mais ils font remarquer que le marché (population située à moins de trois heures de Montpellier) est de 9 millions de personnes. Ils ont déjà, disent-ils, financé eux-mêmes pour 600 000 € d’étude. Ce parc pourrait créer 400 emplois.

L’environnement

Les trois porteurs de l’AquaSurf park entendent livrer un équipement « respectueux de l’environnement’. D’après eux, la gestion différenciée limitera la consommation d’eau, qui sera sans cesse purifiée et renouvelée, et l’utilisation d’intrants chimiques. Un maximum d’énergies renouvelables sera utilisé. Un bassin de rétention sera creusé et le site sera planté d’espèces qui respectent la biodiversité locale. Le volet social est présent: ils entendent, notamment, que l’école de surf soit largement ouverte aux enfants des quartiers et aux classes vertes.

 

Les hommes

Ils sont trois mousquetaires, tous issus de l’entreprise montpelliéraine Budget Télécom qui a été fondée en 1999 à Montpellier par Khaled Zoulay. Christophe Bourrier, président fondateur d’AquaSurf Park, y était directeur technique. Il a actuellement sa propre entreprise de conseil, Théorème Ingénierie (maîtrise et direction de projet). Il s’est associé à Mohamed Seddiki, qui, lui, possède une société de services financiers, et Chaïb Amnih : tous les deux sont des enfants de la Paillade. Bien avant les premiers splash, c’est un projet qui va faire des vagues.

 

© images : AquaSurf Park – un texte de Henri-Marc Rossignol