Uber Taxi à Montpellier

« Comment on a su qu’Uber était en train de s’installer ? C’est simple, de grosses limousines noires, de plus en plus nombreuses, tournent autour de l’aéroport et de la gare depuis cet été. Vous pensez sérieusement que ces chauffeurs viennent chercher leur tante ou leur cousine ?”grimace Serge Viguier, président de l’UDT 34, taxi à l’aéroport de Montpellier. Et le texto que nous avons pu nous procurer invitant, ce mercredi 20 septembre, les “chauffeurs partenaires” à un déjeuner de lancement officiel d’Uber à Montpellier, n’a que confirmé ses inquiétudes. Dans une partie de chat et de la souris, les responsables ont même dû changer le lieu de rendez-vous. Avaient-ils appris que pour la première adresse donnée, des taxiteurs s’étaient infiltrés ?

Mais aussi…

► 200 taxis sur la métropole. On dénombre exactement 134 taxis enregistrés sur la ville de Montpellier. 37 supplémentaires le sont pour la zone de l’aéroport. Avec les communes de la Métropole, le contingent s’élève à 200 chauffeurs professionnels

► 15 % des chauffeurs sont des VTC. Selon les chiffres de la chambre de métiers et de l’artisanat de l’Hérault, le département compte « environ 400 licences de taxis ». 15 % des chauffeurs déclarent une activité de VTC ; cela représente 63 chauffeurs. « Environ 80 % des VTC sont basés sur Montpellier et sa région », estime-t-on à la chambre consulaire. Où l’on précise que « l’on ne peut pas dire combien d’entre eux travaillent avec Uber ».

Mon Appli taxi. Les taxis professionnels développent des ripostes à l’arrivée d’Uber depuis deux ans. Pour simplifier la réservation d’un taxi, la profession a par exemple développé Mon Appli taxi. Elle sensibilise également à renouveler le parc automobile. Une étude de tarification en trois zones autour de Montpellier est aussi à l’étude par les services de l’État.

Six chauffeurs réguliers

Parmi les chauffeurs Uber conviés au rendez-vous informel, il y a Mimi (prénom changé). Nous le rencontrons en commandant une course pour aller d’Antigone jusqu’à la route de Nîmes, un peu avant la station Notre-Dame-de-Sablassou. Berline flambant neuve, vitres teintées à l’arrière.

Une dizaine de minutes dans une voiture de ministre pour 8,50 €. La course aurait coûté entre 12 et 16 € avec un taxi classique. Mimi roule sur Montpellier depuis quatre mois avec la casquette Uber. En tout, ils sont six pilotes réguliers, auxquels s’ajoutent une quinzaine d’occasionnels.

“Dans l’écrasante majorité des cas, les gens qui commandent un Uber le font par hasard. Ils débarquent ici, regardent sur l’application et voient que cela fonctionne. Peu de personnes savent que nous existons ici, ce n’est pas encore officiel, détaille t-il. Vous imaginez quand ce sera lancé ? Avec les dizaines de milliers d’étudiants qu’il y a ici, l’activité va bondir.” Le quinquagénaire n’est pas un débutant. Chauffeur VTC depuis 2011, il a proposé ses services à Nice, Cannes ou encore Monaco, aussi comme chauffeur privé.

“Cela me génère de très bons compléments de revenus et peut-être que je passerai 100 % Uber d’ici quelques semaines. Là, je gère mon temps comme je veux, alors que, comme privé, un hôtel peut m’appeler à 22 h pour une course le lendemain matin à 5 h.”

Si les réservations sont d’ores et déjà possibles, d’ici quelques semaines la plate-forme lancera l’activité sur le Montpellierain à grands renforts de campagnes publicitaires, et installera officiellement son bureau.