Entretien avec Michaël Delafosse, en mouvement pour un nouveau Montpellier

Ancien adjoint d’Hélène Mandroux (à la culture, à l’urbanisme), puis colistier de Jean-Pierre Moure lors des municipales de 2014, le socialiste Michaël Delafosse fait désormais partie de l’opposition municipale, de gauche, au maire Philippe Saurel.

Vous avez récemment tenu une réunion publique dans un café. Le début d’une campagne électorale ?

Non. Il s’agissait simplement d’un moment de réflexion collective. En revanche, nous sommes en train de caler le lancement d’un mouvement pour ce printemps. Il y aura une charte de valeurs, des modalités de fonctionnement et un nom évidemment.

Resterez-vous socialiste ?

Je suis un homme de gauche. J’ai ma cohérence, mon engagement. Mais je ne vais pas cultiver l’esprit de chapelle. Je veux créer du collectif pour réfléchir sur l’avenir de Montpellier. Je constate que la ville a longtemps été portée par une vision, celle de l’équipe Frêche-Dugrand mais que, désormais, on doit être capable de porter des idées nouvelles. Avec de nouveaux défis comme, par exemple, de trouver une place pour Montpellier dans la nouvelle région Occitanie. Plus localement, il y a des enjeux forts autour de la mixité scolaire. Des inégalités de plus en plus prégnantes se font jour. Et cela n’est pas acceptable pour un homme de gauche.

Qui accueillerez-vous dans ce mouvement ?

Les Montpelliérains et Montpelliéraines ! On ne va pas s’enfermer. Ni jeter des anathèmes ou des oukases. Je pense qu’on peut parler de la vie de la ville, qu’on soit électeur de Mélanchon, Macron ou Hamon. Il faut faire vivre des idées nouvelles sans s’enfermer dans des postures du passé.

Mais pourquoi créer un nouveau mouvement ?

On ne travaille pas sur l’avenir de la cité dans les partis. Il y a des clubs de réflexion très respectables, comme Montpellier 2020 (association qui se revendique comme un club d’idées, NDLR), mais il n’y a pas d’espaces ouverts, transparents.

Il existe aussi des conseils de quartier…

Oui. Ces conseils pensent à l’échelle de l’espace vécu. Certes, très importante. Mais il y a également un besoin de réflexion plus large sur la position de Montpellier dans la région, de notre métropole vis-à-vis des autres métropoles : concurrences, complémentarités, synergies.

Il faut également penser l’implication démocratique des citoyens. Comment mieux les faire participer aux décisions ? Les discussions sur telle ou telle implantation dans une réunion publique sont le minimum du minimum. La réforme du stationnement aurait pu faire, je pense, l’objet d’une concertation, par exemple. Mais notre mouvement n’aura pas vocation à polémiquer. Il sera porteur d’idées nouvelles pour la ville et ses habitants.

Des idées que vous allez chercher dans tous les quartiers, y compris à La Paillade par exemple ?

Absolument. Je veux créer du collectif. Aucun espace n’a vocation à être délaissé. Il faut s’occuper, en priorité, de la ville existante : La Paillade, Celleneuve, La Martelle, La Chamberte, le nord… Et ne s’interdire aucun sujet de discussion. Il faut, entre autres, s’intéresser au communautarisme. Chaque habitant a des droits.

Avec quelle finalité ?

Pas de devenir la première ville de France en tout cas ! Nous devrions être capables, à Montpellier, d’inventer des choses qui donnent des idées aux autres. Sur l’urbanisme, les mobilités avec la place de la voiture, la sécurité, la propreté, l’environnement…

De quoi construire un programme pour 2020 ?

Le débat démocratique arrivera cette année-là, oui. Mais nous voulons tracer des enjeux pour le long terme.

 

Interview accordée à FREDERIC MAYET