Le nouveau stationnement et les procès verbaux à Montpellier

Depuis le 1er janvier, la loi Maptam confie la gestion du stationnement aux collectivités. à Montpellier, l'élargissement des zones payantes a parfois essuyé de vives critiques. Le maire fait le point sur la situation.

Depuis le 1er janvier, la loi Maptam confie la gestion du stationnement aux collectivités. à Montpellier, l’élargissement des zones payantes a parfois essuyé de vives critiques. Le maire fait le point sur la situation.

Quel premier bilan tirez-vous de cette réforme ?

Nous sommes à onze semaines après la mise en place de la loi et, mis à part trois cas particuliers, nous avons un taux de recours sur les verbalisations de 1 %. Avant la réforme, il était de 5 %. Ce qui montre qu’elle a été acceptée par les Montpelliérains, car les tarifs que nous proposons sont parmi les plus faibles des grandes villes de France. Sur le coût du stationnement mensuel, on est à 0,50 cts/jour.

Ca nous a permis d’établir une certaine équité dans la cité, qui a pour but le partage de l’espace public. Et grâce à la carte Oxygène (qui offre une demi-heure gratuite, NDLR), qui peut être utilisée par les Montpelliérains et les gens de l’extérieur, nous avons un turnover en hausse de 42 % (taux d’usage de la demi-heure gratuite par rapport à 2017, NDLR). Ca veut dire qu’on a supprimé les voitures ventouses – on peut enfin se garer aux Beaux-Arts ou aux Grisettes – et que les commerçants en sont les premiers bénéficiaires.

Pourquoi ne pas instaurer une heure de gratuité, voire plus ?

Parce qu’il y a le tram ! Si on doit rester plus longtemps, il faut opter pour ce moyen de transport. Certes, ça contrarie les usages mais on ne peut pas vouloir une ville apaisée, moins polluée, etc. et tolérer les voitures partout. Il faut changer les mentalités.

Y a-t-il eu des modifications depuis janvier ?

Nous avons ouvert aux professionnels de santé et aux artisans l’accès au centre-ville (voir ci-dessous). Et dans le règlement, on a laissé la porte ouverte à ceux qui s’occupent de personnes âgées, en difficultés, démunies… car il peut y avoir d’autres professions qui ont besoin de cet accès.

Venons-en aux quartiers opposés à la réforme…

À Celleneuve, globalement, les choses vont bien, mis à part une ou deux rues et un petit groupe de personnes qui est contre. Je ne souhaite pas entrer dans la polémique mais je dis simplement que quand on fait une réforme pour 270 000 habitants, on la fait pour l’intérêt général et non des intérêts particuliers.

Pour Astruc, il y a deux choses : d’abord la rue de Clémentville, qui a besoin d’horodateurs. Et puis, il y a le cas des résidants de la cité HLM. Là, il y a eu une erreur de marquage au sol et un certain nombre de parkings qui appartenaient à ACM ont été fléchés comme parkings publics, donc justiciables d’un horodateur. Par conséquent, nous avons retiré les marquages et restitué les places de stationnement aux habitants.

Troisième point : le cas d’une partie de l’avenue d’Agriculture, où il existe une demande très forte des riverains, commerçants et professionnels pour du stationnement payant. Donc, nous sommes en train d’étudier la possibilité de les intégrer dans le contrat.

Le quartier Hôpitaux-facs, très saturé, semble demandeur lui aussi ?

Je ne suis pas contre étudier au cas par cas et rue par rue la possibilité de mettre des horodateurs mais il faut le faire doucement. Il faut des demandes solides des gens.

Quand arrivent les nouveaux horodateurs ?

Les 610 machines seront installées au fur et à mesure mais le changement s’opérera principalement au cours de l’été.

En pratique

Législation C’est la loi de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles (Maptam, 2014) qui organise la dépénalisation et décentralisation du stationnement payant depuis le 1er janvier. Plus de PV désormais mais des forfaits post-stationnement (FPS), dont le montant est fixé par la collectivité.

A Montpellier, il reste à 17 € si le paiement est effectué dans les quatre jours ; au-delà, 33 €. Il existe trois zones : jaune, orange et verte pour courte, moyenne et longue durée. Si la gratuité n’est plus de mise dans les secteurs réglementés, c’est la Ville qui décide de ceux-ci. Depuis janvier, neuf nouvelles zones ont été créées : cité Mion, cité Astruc, les Arceaux, les Aubes, Figuerolles, Port-Marianne, Celleneuve, les Grisettes, Beausoleil.

Particuliers On peut se procurer la carte Oxygène dans un espace mobilités Tam. Pour les habitants, chaque foyer peut bénéficier de deux abonnements résidants, pour son quartier et, pour un second, limitrophe. Tarifs : 15 €/mois ou 150 €/an et, avec un abonnement Tam, 3 € et 30 €. Plus d’informations sur le site de la tam ou sur celui de la ville de Montpellier.